« Billy Elliott ce soir sur M6 | Page d'accueil | Howards End »
11 avril 2006
L'Hôtel - Dernière demeure d'Oscar Wilde

L’Hôtel, un lieu chargé d’Histoire, récemment acquis par Jean-Paul Besnard, a été revisité de fond en comble par le décorateur à la mode, Jacques Garcia. Le pari était complexe : comment donner une modernité à l’un des hôtels mythiques de la capitale, sans en écorner la personnalité ?
Il est vrai que l’Hôtel n’est pas un hôtel comme les autres. Depuis toujours, ce havre chaleureux a accueilli les plus grands noms de la littérature et possède une âme. Adresse fétiche des happy few cosmopolites qui se transmettaient ses coordonnées en initiés, cette maison de 1816 a, dit la légende, été construite à l’emplacement d’un pavillon qui abritait les amours discrètes de la reine Margot.
Beaucoup plus sûre, historiquement parlant, est la liste dorée sur tranche, très Bottin mondain d’antan, des figures ayant fréquenté l’adresse. Mistinguett ne jurait que par son originale tour intérieure, Jorge Luis Borges adorait ses alcôves propices à la méditation et à l’écriture tandis qu’Oscar Wilde y finit sa vie, laissant une dette de 2 643,40 F ainsi qu’une phrase restée célèbre: Je meurs au-dessus de mes moyens.

Aurait-il imaginé, ce paria des bonnes consciences, cet exilé d’Angleterre pour cause de mœurs jugées dissolues et amorales, que la chambre qu’il occupait deviendrait, un siècle plus tard, la pièce phare de sa dernière demeure ? Sans doute pas. Mais Jacques Garcia a tiré parti du gold gotha ayant transité au 13, rue des Beaux-Arts.

Aucune des vingt chambres n’est identique. Chacune possède sa propre personnalité, est remplie de meubles hérités du passé ou chinés chez les antiquaires. Toute de rouge tendue, ornée d’une fresque murale aux paons émeraude, meublée dans l’esprit fin de siècle si cher à son hôte, les murs parsemés de textes originaux de l’écrivain lui-même, la chambre Oscar Wilde s’ouvre sur la verrière du patio et donne envie de s’y laisser inspirer des romans rares.
Plus délurée, la Mistinguett, très années trente, invite les clients à coucher dans le propre lit de la chanteuse, tout en miroirs Art-Déco, meuble offert par les héritiers de la star. On peut encore s’assoupir dans une chambre chinoise, où même la salle de bains se pare d’antiquités asiatiques, ou dans la petite Bambou dont le nom se passe de tout commentaire…
Mais dormir ne suffit pas. Aux délices du sommeil, l’Hôtel ajoute les plaisirs de la bonne chère.

Au restaurant Le Bélier, tenu d’une main de chef par Philippe Belissent, la cuisine se fait légèreté et saveurs. Salade de haricots verts et julienne de truffes blanches, Saint-Jacques en tarte fine avec sa chantilly de persil, filet de bar avec choucroute de fenouil ou daurade sauce café poivrée… De quoi confirmer la maxime d’Oscar Wilde, qui semble s’appliquer à tout l’Hôtel : On peut céder à tout sauf à la tentation.
L'Hôtel
13, rue des Beaux Arts
75006 PARIS
20 chambres à partir de 569€
08:55 Écrit par Frantz Cappé dans SONGES d'ailleurs, SONGES de luxe | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : L'HOTEL, BEAUX-ARTS, BEAUX, ARTS, OSCAR, WILDE, RUE |
Facebook |
















Commentaires
Comme souvent, ta note est sublime et instructive. Tu nous fais voyager dans des univers... Merci ;-)
Écrit par : Alexandre Y | 11 avril 2006
> Alex : et pour prendre un verre ou un café c'est certainement un endroit sublime.
Écrit par : DocDarkSide | 11 avril 2006
Bah écoute je crois que je viendrai chercher pas mal d'idées de sortie avec ma copine sur les archives de ton blog. Sérieusement.
Écrit par : Alexandre Y | 11 avril 2006
> Alex : you're welcome. Il faudre que l'on prenne le remps de prendre un verre un jour sur Paname.
Écrit par : DocDarkSide | 11 avril 2006
Le décor est vraiment superbe !
C'est vrai que cet endroit mérite vraiment d'être vu !
Dommage que je puisse pas rester en soirée sur Paris.
Comme dit Alexandre tout ce que tu montres est de trés bon goût.
Écrit par : steph | 11 avril 2006
> Steph... et qu'est ce qui t'empêche ! Suite à ton post http://theoutsider.hautetfort.com/archive/2006/04/29/annulation.html prends toi en main (si j'ose dire ;) et lance toi... une jolie nana dans un cadre rêvé et la vie change de couleur. Non ?
Écrit par : DocDarkSide | 11 avril 2006
Doc, je ne sais pas si tu as vu la proposition d'Osmany sur le blog de Yannick. On va le prendre tous ensemble le verre ! ;-)))
Écrit par : Alexandre Y | 12 avril 2006
je fellicite jeacque garcia pour ce decor terrible spendide surtout la chambre O w
Écrit par : pontien lwamba | 31 mai 2007
Les commentaires sont fermés.