13 novembre 2010

Armande Altaï en concert à l'Alhambra le 8 novembre 2010

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Dans sa cathédrale de tissus, Armande Altaï a reçu son public de l'Alhambra d'un Salve Regina de Pergolèse. Une voix sublime, nimbée dans une lumière irréelle de conte de fées.

Un pupitre tout droit tiré d'un conte de Cocteau où les roses s'entortillent comme des lianes. Et la fée des Lilas de Demy nous emporte dans son propre univers : des monstres sympathiques, des héroïnes de manga, de fantaisies ("fantasy"?), une jeune Chiquita qui cherche à attirer l'attention d'une danseuse (sa mère ?), un jeune éphèbe qui dort comme un ancien amant...

Dans sa robe de taffetas et de velours noir, Armande Altaï apparaît pleine d'humour évoquant ce grimoire qu'elle ne peut plus lire, ses chansons d'un temps si loin : autant de petites phrases qui font rire et nous donnent envie de nous moquer de sa ... coquetterie alors que sa présence et son charisme ne prennent pas une ride. Cette évidence que Pierre Faa lui offre dans la chanson qu'ils interprètent merveilleusement en duo.

Ne souhaitant pas être seule sur scène pour ce concert Armande s'entoure de quelques "garçons" : une bête tirée de chez Cocteau, un majordome évadé du Rocky Horror Picture Show  et de quelques "filles" : un sweet transvestie, une égyptienne aux pectoraux sur développés, un évadé du Rocky Horror Picture Show ou une Marilyn mal rasée qui me rappelle une libraire de la rue Rambuteau un peu trop botoxée !

Entrecoupées de textes de l'Aigle à deux têtes de Cocteau, le concert de deux heures passe en quelques instants, trop courts, que l'on voudrait prolonger d'un coup de la baguette magique qui ornait ses cheveux et ne pas la laisser partir sur les Wheels on fire de Dylan.

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16 octobre 2010

Armande Altaï à l'Alhambra le 8 Novembre

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Prêtresse et diablesse, lionne et ophélienne, fille et mère, asiate et européenne, électro et baroque, futuriste et romanesque,
Armande Altaï est la femme aux cent visages.
Elle rêve avec sa petite nippone «Kimiko», jaillie d’un manga irisé.
Elle se souvient d’une «Chiquita» dont les talons claquent encore, dans sa mémoire.
Elle pleure avec une «Solveig» qui fait rimer romantisme et idéalisme.
Elle frissonne sa «Cold Song», en reine des neiges hiératique.
Elle traverse une fête futuriste («All Around»), femme piège à la Enki Bilal.
Mais que chacun relie entre eux ces points, ces îles, dessinant une seule et même âme.
Qu’elle chante les classiques (Grieg, Haendel, Purcell...) ou sa propre musique,
Armande maîtrise sa voix comme jamais, à la moindre inflexion près.
Le temps a arrondi ses angles, ses éclats, ses notes acérées.
Désormais, on entend mieux sa tendresse, sa chaleur - sa mélancolie aussi.
Loin de tout malentendu, il est temps de reconnaître Armande pour ce qu’elle est : une artiste unique, fière et fragile poétesse aux notes mauves.

 

 

La fée Armande...

Songe du temps retrouvé à (re)lire : Armande Altaï