19 mai 2011

SWEENEY TODD au Châtelet

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Le démoniaque barbier de Fleet Street a pris ses quartiers au théâtre du Châtelet.

 

Sweeney Todd est une comédie musicale créée en 1979 par Stephen Sondheim. Un barbier recvient se venger de celui qui l'a envoyé au bagne pour mieux lui voler sa femme et sa fille.

Parolier de West Side Story, Sondheim est également l'auteur de A Little Night of music. Inspiré du mélodrame (aaaahh... la pauvre orpheline que son tuteur veut épouser après avoir violé et fait tué sa mère), Sweeney Todd est avant tout un recueil d'airs très connus repris maintes fois par Sinatra, Streisand ou autre golden voices.

Avec beaucoup d'humour (noir), Sweeney Todd met en scène Mrs Lowett, une effroyable cuisinière qui a défaut de viande de boeuf (ou de chats !) se rabat sur les cadavres de son égorgeur de barbier favori, Todd.

Comme dans toutes les dernières scénographies du Châtelet, la réalisation est parfaite. Qualité du décor, du son, de la lumière, des costumes au service -sans écraser - du livret et de la partition. Un très bon moment relançant le genre musical gore.

27 février 2011

César 2011 - Pour les yeux de Deneuve

 

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Comme chaque année, les César se sont déroulés au théâtre du Châtelet dans une ambiance beaucoup plus festive qu’il n’y paraît à la télévision. Il faut dire que les conditions sévères de bouclage du quartier par les CRS et la convocation à 18h30 pour une cérémonie à 21 heures ne sont pas pour une consommation appréciée et modérée du très bon champagne Tsarine.

Les César ont toujours été pour moi une fête. Même si je regrette chaque année que seuls les remettants et les récipiendaires se déplacent, (à part Tony Marshall qui depuis Vénus Beauté a toujours honoré la cérémonie de sa présence) la salle est souvent riante, chaleureuse et de bons goûts. Jusqu’à présent, je n’ai jamais résisté au plaisir d’emporter mon appareil photo pour prendre quelques portraits souvenirs de ces immenses artistes. Je n’ai jamais été gêné par les remerciements à rallonge comprenant parfaitement  que l’apogée d’une carrière, souvent attendu depuis de nombreuses années, pouvait être très émouvant pour les lauréats et que nous pouvions leur permettre de prendre quelques instants pour savourer leur moment de grâce.

Cette année, j’ai vécu la cérémonie accompagné de deux prunelles de treize ans, ce qui la rendait encore plus magique, recréant mes propres soirées César devant la télévision de ma jeunesse alors que je notais sur mon Première les heureux gagnants. C’est sur le programme que les césarisés ont été cochés hier soir en live !

Même si elle a battu ses propres records d’audience, la soirée 2011 aura été ratée sur le plan spectacle. Antoine  de Caunes  a malheureusement été victime de son expérience et plutôt que de mettre en valeur les étoiles du soir a trop tiré la couverture à lui… vainement. Les blagues étaient lourdes (ah ! cette fanfare !) et le rythme aux abonnés absents. Le palmarès a peut-être réussi à couvrir l’année ciné dans sa diversité mais a quand même oublié  Potiche et L’arnacoeur.

Face à une pléiade de césar mérités (Polanski, Lonsdale, Beauvois…) celui de Sara Forestier fut le plus injustifié. Trop culottée, trop jeune, trop inconnue pour un césar de la meilleure actrice alors que Kristin Scott Thomas ne l’a jamais eu et Isabelle Carré le méritait au moins cent fois plus. Pour l’outsider Catherine Deneuve,  annoncée gagnante par toute la presse le matin même, la déception fut évidente. On pourrait se dire : « elle s’en moque, n’a plus rien à prouver et a désormais une carrière exceptionnelle ». Mais les artistes ont besoin de notre amour et nos récompenses, régulièrement et à juste titre.

La soirée m’aura permis de saluer Isabelle Carré que j’adore depuis toujours, de rencontrer – enfin – la pétillante Sandra de In the mood for cinema et surtout de passer quelques instants magiques, en tête à tête, envoûtés par les yeux émeraude de Catherine Deneuve dont la classe, la gentillesse et la disponibilité m’auront touché profondément.

Le cinéma se renouvelle de génération en génération… j’ai moi-même passé un joli flambeau hier soir.

 

21 décembre 2010

My Fair Lady au théâtre du Châtelet

Christine-Arand-dans-le-rôle-dEliza-Doolittle-©-Marie-Noëlle-Robert-Théâtre-du-Châtelet-1024x698.jpg

Pour la première fois en France, My Fair Lady le musical arrive au théâtre du Châtelet (Merci Messieurs Choplin et Brégy).

George Bernard Shaw n'était pas chaud (facile celui là...) de son vivant de voir adapter son Pygmalion en comédie musicale. Alan Jay Lerner l'adapta en 1950 et offrit un triomphe à la sublime Julie Andrews avant qu'Audrey Hepburn ne l'immortalise au cinéma.

Tout le monde connait les chansons de My Fair Lady consciemment ou non. Entendre ces classiques les uns après les autres rivalise avec la playlist des plus grandes stars actuelles. Faire revivre la petite marchande de fleurs dans le Londres de l'avant guerre est un pari risqué et gagné par la production du Châtelet. Le style edwardien est particulièrement bien rendu par une scène très mobile, alternant les décors intimistes (la maison de Higgins) et les grands tableaux spectaculaires (l'Opéra, Ascot, Covent garden). Les moments comiques - même s'ils sont devenus des classiques - sont très bien rendus et doivent beaucoup à l'interprétation toute en finesse d'Eliza.

Entre Lady Gaga à Bercy et Lady Eliza au Châtelet... nous dirons avec un bel accent cockney :

Little monsters... move your godammit ass !

 

 

 

07 octobre 2010

Scary Cats Halloween Party chez Joe Allen

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Joe Allen c'est notre restaurant New-Yorkais des Halles. Alors quand Halloween s'annonce et que les chats (même effrayants sont les bienvenus)... nous nous y retrouvons tous !

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03 juin 2010

LES MISERABLES : 25 ANS AU CHATELET

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Les Misérables en comédie-musicale ? Je n'y avais jamais adhéré... comment rendre le roman de Victor Hugo sur scène ? Le texte parfait où tous les sentiments, toutes les émotions sont décrits. Une histoire tellement connue que nous risquions seconde après seconde de basculer dans les clichés, dans les images d'Epinal. (Un Valjean relevant la charette sur son dos, un Gavroche qui tombe sous les balles, un Javert qui se suicide...)

Quelques mélodies m'étaient pourtant bien tombées dans les oreilles et s'y étaient installées confortablement (I dreamed a dream qui a dernièrement révélé Susan Boyle, On my own...)

Et bien... Les Miz (comme ils sont mondialement connus depuis 25 ans) : ça le fait !

La musique, les voix, les décors, les chansons : tout est parfait. La scénographie qui nous plonge dans les dessins originaux de Victor Hugo est époustouflante. Il faut suivre Valjean sauver Marius dans les égoûts de Paris, voir Javert tomber de son pont  vibrer sur les barricades, pleurer à la fin.

Un immense moment d'émotion et de musique.

Théâtre du Chatelet jusqu'au 4 juillet.

 

02 mars 2009

34ème nuit des César

 

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© Maan

C'est Charlotte - notre Charlotte qui depuis l'Effrontée ne cesse d'être si proche de nous - qui a ouvert le bal du cinéma français en tant que Présidente de la 34ème nuit des César. Une claque. Charlotte présidente ? Elle a déjà l'âge et la filmo ? Bah... oui. Une claque, je vous dis, ou plutôt, elle nous met, Charlotte. Un discours émouvant, à fleur de peau, car même si elle joue bien la comédie, Charlotte est tout sauf une effrontée. Evidemment, elle assume mal sa robe courte et ses talons, mais sa démarche dégingandée lui donne encore plus de charme.

Antoine arrive dans le seul rôle qu'il lui reste. Je suis méchant... il réalise aussi. Mais c'est une autre histoire. Place au cinéma français. Ouvrons donc la cérémonie avec un hommage aux comédies musicales américaines, en annonçant un césar d'honneur américain, remis par une anglaise. Et un césar d'honneur français ? Tu sors... pas assez vendeur. Arrête de râler et laisse faire le staff de canal au demeurant aimable comme un cerbère. Antoine se plante donc sur singin' in the rain et restera en demi teinte toute la soirée (malgré un High Way to Hell bien placé à notre intermittente ministérielle de l'année : Christine Albanel). Fin de la parenthèse, comme le dit si bien Charlotte, je ronchonne trop, comme un français.

La soirée était réussie. Et croyez-moi, de l'intérieur, il faut avoir envie de rire. Comptez un flic pour chaque invité. Une organisation Canal ("Dégage, tu gênes, on bosse, nous !"), le quartier du Chatelet complètement bloqué. Les abords ... inabordables. Imaginez la tête de ma Déesse haut chaussée de ses talons vertigineux qui apprend qu'elle doit faire le tour de la place du Châtelet, avant de pouvoir présenter sa face, son passe, sa carte d'identité... OK, je râle encore.

L'ambiance était donc bonne. Evidemment, me direz-vous, enfermés depuis 18h30 pour une cérémonie à 21 heures avec champagne à volonté, les esprits s'échauffent pour le bien de la cérémonie. Et quel plaisir de partager, pendant quelques heures, une Emma Thompson divine, un Dustin Hoffman égal à lui-même (exceptionnel en sorte) et un Sean Penn magistral. Vincent Cassel semblait réellement ému. On m'a plusieurs fois demandé s'il avait abusé de substances particulières avant de monter sur scène, mais je ne crois pas. L'émotion l'a peut-être vraiment submergé. Et ce clin d'oeil de son père m'a personnellement bien secoué. Monica ? Non, non... pas du tout liftée. (Ouf ! Les publicités actuelles la faisait passer pour une chinoise, mais il s'agit juste d'un mauvais photoshoper). Cela dit, sa beauté n'a d'égal que ses difficultés à dire un texte.

Agnès Varda est montée sur scène. A juste titre puisque ses Plages le méritaient réellement. Mais ne pouvait-on lui décerner un césar d'honneur (puisque la case était libre cette année) et récompenser Sandrine Bonnaire pour son magnifique film ?

Elsa Zylberstein nous a servi un numéro d'actrice parfait. Notons au passage la bise glaciale à son ex-de Caunes. Yolande Moreau nous a refait le coup des baskets. Je l'aime bien, mais j'avoue avoir un faible pour Kristin Scott Thomas, même si elle avait choisi un look corbeau (pour ne pas dire Cruella Gothique) qui ne lui allait pas du tout. Quant à Lambert Wilson, il a excellé dans le second degré (volontaire ?) : "Qu'il est dur d'être une actrice... et j'en sais quelque chose."

Les comiques ont bien joué leur rôle avec une mention pour Florence Foresti, excellente et remarquée par Dustin Hoffman, et pour Elie Semoun qui a osé le Tootsie Look, risqué devant un parterre souvent jugé glacial et indifférent. Julie Ferrier ? Oublions... surtout lorsqu'elle continue son sketch alors que tout le monde se concentre sur Pierre Pinaud et ses difficultés à réaliser Les miettes.

Un regard croisé ? Celui de Brigitte Fossey, toujours aussi belle, a qui je n'ai pu m'empêcher de clamer mon amour.

Emma, Dustin, Sean. Répétons... Emma, Dustin, Sean... Pincez-moi. J'ai dû rêver et ne suis pas encore réveillé.

 

Des photos tous les jours à venir...

 

 

30 décembre 2007

WEST SIDE STORY AU CHATELET

e9d648f58efdddbb32c7349bc5c8b070.jpgLa partition de Bernstein et les paroles de Stephen Sondheim font de West Side Story une comédie musicale aussi célèbre que ses parents Romeo et Juliette.

Pour les cinquante ans de sa création, nous avons la chance de pouvoir admirer sur scène une reprise fidèle du livret original ne trahissant ni Broadway, ni le cinéma. 

Le premier contact avec Maria et Tony est certes déconcertant pour les amoureux –dont je suis- du film de Robert Wise, mais le choix des voix lyriques pour les deux amants maudits est excellent. Les chorégraphies s'adaptent prodigieusement à la scène du Chatelet, tout en priviligiant une émotion intense. Je ne pensais pas être aussi ému par la représentation et c'est avec une larme à l'oeil que nous avons quitté la salle. 

L’histoire reste moderne. L’amour, le respect des cultures différentes, l’intégration, l’ouverture aux communautés. Révéler que Tony meurt est aussi surprenant que d'annoncer que le Titanic a coulé… mais contrairement à Juliette, Maria choisira éternellement de réconcilier les Jets et les Sharks sur fond de sang versé.

 

Eternellement.