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Avis sur Arlington Park de Rachel Cusk

Editeur : Points
Publication :21/8/2008

arlington park.JPGSombre, étouffant, banal comme le quotidien, mais large comme la nature humaine. 'Arlington Park', sixième roman de Rachel Cusk - mais première traduction française -, ne manque ni d'ambiguïté, ni de force de projection. Pourtant il n'est question ici que d'une journée comme une autre dans la vie de femmes au foyer, habitantes du même quartier, qui se disputent l'ennui et les frustrations d'une vie trop bien réglée. Une vie morose, pathétique, où la révolte se heurte aux murs de la cuisine pour revenir tel un boomerang en colère résignée.


Mais voilà, pour peu que l'on se donne la peine de pénétrer cet univers grisâtre et confiné, l'écriture parfois épaisse de Rachel Cusk gagne en fluidité, se mue en un récit profond et attachant. Car l'écrivain frappe là où le bât blesse, là où les douleurs les plus sourdes se réveillent. Au sein des foyers en crise - parce que crise il y a forcément -, c'est un peu tout le sort du monde qui se joue, dans l'affrontement des sexes, dans les doutes de la maternité, dans l'espoir insensé de se mettre à l'abri des dangers extérieurs. Rachel Cusk se livre à une vraie réflexion métaphysique, elle compose un univers clos où de grands questionnements sortent des bouches d'une poignée de femme à bout de nerfs. Les descriptions sont soignées, minutieuses.

La pluie qui coule incessamment vient lier le décor composite, impressionniste, dont l'écrivain fait un personnage à part entière. Avec la virtuosité d'une Virginia Woolf, Rachel Cusk dresse le portrait des fêlures intimes, sans parti pris, dans une prose riche, souvent aussi sensible que ses héroïnes désespérées. Sa description picturale de l'activité d'un parc est un sommet, un petit chef-d'oeuvre de l'école anglaise. Elle marque l'arrivée de la nuit et le début, bientôt, d'une nouvelle journée qui promet d'être tout aussi ordinaire...

 

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