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01/12/2014

Mad Max

 

A l'occasion de la ressortie du film de George Miller dans nos salles (le 9 juillet avec des copies nueves), revenons sur le mythe du guerrier de la route.

Si le Death Proof de Tarantino a remis au goût du jour les films de poursuite aka road movie, il faut bien avouer que le genre est quelque peu méconnu du grand public comme du public de geeks d'ailleurs plus enclin à s'extasier devant des films SF ou heroico-conano-fantastico-underground. Lorsque Miller filme un Mel Gibson quasi imberbe et, à l'époque, encore à peu près sobre, le genre appartient aux catacombes de la vhs et les films sur l'asphalte n'émerveille qu'une poignée d'élus dans des cinoches crasseux.

C'est avec cette même crasse que le futur réalisateur de Babe (sic) va, non pas dépoussiérer, mais recouvrir de poussières le genre. Miller choisit de filmer dans les grands espaces australiens, sur des routes qui n'en finissent pas. Il place ses guerriers motorisés dans un futur proche et improbable à la croisée des chemins entre un New York 1997 et un Ken le survivant. Max appartient à une police musclée qui traque les dangers de la route avec des méthodes quelque peu expéditives.

Le film est trash, cash comme le sont la plupart des sagas 70's et 80's. Mad Max n'a rien à envier moralement et psychologiquement à ce bon vieux Dirty Harry ou à John Rambo. Du premier opus jusqu'au très mauvais numéro 3, Gibson doit parler quatre fois. Miller préfère faire parler les mécaniques des motos ou des intercepteurs, les engins survitaminés de la police.

Mad Max est aussi un film de violence pure et gratuite, un film de vengeance froide comme on ose plus en faire aujourd'hui. Dans un monde chaotique et sans lois, Miller ne cherche pas à amadouer ses personnages, à les étoffer sentimentalement parlant. Max a une femme et un fils mais ils ne sont que prétextes à rendre encore plus abjectes les psycopathes qui déferlent sur les routes, ces Aigles de la Mort qui de chasseurs deviendront peu à peu proies d'un homme avec encore plus de folie au fond de l'oeil.

Mad Max est devenu un genre à lui tout seul et des centaines de films de héros solitaires dans un futur ravagé ont suivi mais je vous renvoie aux prochaines éditions de God of Bouz pour vous en parler

 

10:03 Publié dans Film | Lien permanent

20/11/2014

MoAD - visite en live ou en ligne

 

Le MoAD - Museum of African Diaspora - vient d’ouvrir ses portes dans un une belle architecture du Yerba Buena Garden District de San Francisco, tout pres du MoMA (Musee d’Art Moderne), dans le downtown. Encore en cours de developpement, il traite deja de plusieurs aspects de la diaspora africaine, y compris bien entendu, l’esclavage - avec notamment un documentaire sur le General Toussaint et Bonaparte - la culture et l’histoire africaine, mais aussi l’art moderne africain, ou de descendants africains. En partenariat avec le Bristish Museum, des silex de plusieurs millions d’annees sont non seulement en exposition, mais il possible d’en toucher certains…!

 

 


Mieux encore que le musee qui ne fait que debuter, le site internet du MoAD propose une visite guidee en video podcast de superbe qualite, ainsi qu’une version interactive de sa photo constituee de centaines de petites photos d’africains et de leurs descendants. Egalement accessible depuis la page d’entree du site, le projet “I’ve known rivers: The MoAD Stories Project” merite un detour. L’idee est de garder une trace de la vie des descendants d’africains a travers leurs propres recits. Cet effeort n’est pas le premier, puisque dans les annees 30 aux Etats-Unis, des ecrivains publics avaient ete envoyes au domicile de centaines d’americains de descendance africaine, anciens esclaves pour relater leur vecu de la fin de l’esclavage. Plusieurs ouvrages ont ete produits a partir de ces recits.

 

20:23 Publié dans Voyage | Lien permanent

11/11/2014

Soldats des Brumes / Soldat d'aretê

 

479 av. J-C. La bataille de Platée, ultime affrontement terrestre des Guerres Médiques. Xerxès, vaincu aux Thermopyles puis à Salamine est rentré en Perse, laissant le commandement à son lieutenant Mardonius. Las, ses troupes sont à nouveau vaincus par les Grecs coalisées à Platée. Sur le champ de bataille, un homme se réveille, gravement blessé à la tête et amnésique. Latro (soldat en grec), tel est désormais son nom, est fait prisonnier et esclave. Mais l’amnésie de Latro est d’un type particulier. Il a oublié son nom, ses origines mais se révèle athlète accompli, redoutable bretteur et stratège hors-pair et doté d’un don inédit : il voit les créatures surnaturelles. Dieux et déesses, faunes, fantômes, héros légendaires, Latro les voit et est capable de communiquer avec eux. Mais les problèmes de Latro ne s’arrêtent pas là : il oublie systématiquement tout les évènements de la veille. Chaque matin, ses compagnons doivent lui réexpliquer sa situation et où ses étranges facultés l’ont mené. Car les dieux s’intéressent beaucoup à Latro. Alors, il décide de tenir un journal sur un rouleau de papyrus. En lisant l’histoire de Latro, c’est ce rouleau que vous lisez.

Sur une idée initiale qui n’est pas s’en rappeler Memento de Christopher Nolan (à moins que ce ne soit l’inverse, Soldat des brumes date de 1986), Gene Wolfe promène son héros et ses compagnons de Platée aux jeux Pythiques de Delphes en passant par Corinthe, Athènes, Sparte et même les terres barbares thraces. Ces romans sont remarquables à plus d’un titre. Outre leur foncière originalité, il faut signaler une qualité d’écriture rare et maligne.
N’oublions pas que nous lisons le rouleau écrit par Latro, avec tout ce que cela comporte de subjectivité (il écrit et décrit ce qu’il voit et ressent) et d’ellipses. Que se passe-t-il quand Latro n’écrit pas ? Gene Wolfe use admirablement de ces possibilités pour plonger le lecteur dans une confusion qu’on imagine proche de celle de quelqu’un qui se réveille sans souvenirs de ce qui précède son éveil. Honnêtement, c’est parfois un peu déstabilisant mais c’est habile.
De même, Latro mélange (pas souvent, fort heureusement pour nous lecteur) des événement passées (ceux qu’il relatent) avec des évènements présents (ce qu’il se passe autour de lui pendant qu’il écrit). Enfin, dernière élément favorisant l’immersion du lecteur dans cette Grèce du Vème siècle avant J-C, Gene Wolfe mets dans la bouche de ses personnages non pas le nom des lieux et des personnages tels que nous les connaissons aujourd’hui mais tel que les contemporains les nommait. Athènes devient Pensée, Sparte est renommé Corde, Corinthe se dit Tour-Colline et ainsi de suite. Sortez le dico de grec ancien !
Au total, ces trois volumes sont une lecture hautement addictive qui vous plongent dans un univers novateur et d’une incroyable richesse, un tantinet frustrante à cause des ellipses et de sa conclusion mais si passionnante qu’on oublie vite les quelques défauts.
Je ne peux que vous conseiller de vous mettre aux aventures de Latro, le soldat d'arretê amnésique largement digne des héros antiques (d’ailleurs on en croise dans ces volumes).

Saga composée de trois volumes en VF publiés par Denoel dans sa collection Présence du Futur dans les années 90 et non réédité depuis hélas. Plus qu'à fouiller chez les bouquinistes !
t1 : Soldats des Brumes
t2 : Soldat d'aretê 1
t3 : Soldat d'aretê 2

 

23:00 Publié dans Livre | Lien permanent